Quels enseignements pouvons-nous tirer de la publication des résultats de la session de Parcoursup sur la session 2019 ? A l’an I de la réforme, il semble que les décideurs ont appris de leurs erreurs de la calamiteuse première session. Nous pouvons donc considérer que le temps des balbutiements et des solutions provisoires est passé. La session 2019 sera donc riche d’enseignements pour les familles soucieuses de préparer en amont l’orientation de leur enfant.

Nous allons nous concentrer plus spécifiquement sur les universités : bien souvent, les meilleures écoles ne sont pas accessibles directement après le bac. Par ailleurs, une fois mis de côté les grandes écoles de tout premier rang, il faut savoir qu’une bonne formation universitaire peut tout à fait rivaliser, en terme d’attractivité, avec des écoles : des universités développent des parcours d’excellence de plus en plus réputés, comme la double licence économie-mathématiques de l’Ecole d’Economie de Toulouse, l’université Paris Dauphine ou le fameux collège de droit d’Assas. A condition que l’adolescent soit suffisamment mature et sérieux pour travailler par lui-même, sans professeur pour le forcer à avancer, comme c’est le cas en classes préparatoires.

Cela, les étudiants brillants l’ont parfaitement compris, et on observe une croissance du nombre de mentions TB rejoignant l’université. Leurs vœux se portent en priorité sur les facultés parisiennes :

D’abord Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui accueille 22,84% de mentions très bien suivie par Paris Assas (22,78% de mentions très bien) puis Sorbonne Université (3ème) avec 17,73% de mentions TB. Paris 5 Descartes, Paris 7 Diderot et Paris 3 Sorbonne-Nouvelle (6ème) occupent les marches suivantes. Puis les universités de Lyon et celle de Renne ferment le top du palmarès des mentions TB dans les universités. On remarquera que les franciliennes (Nanterre, Créteil…) sont moins attractives que les pures parisiennes, auréolées des noms quasi mythiques de la Sorbonne et d’Assas.

Il ne faut pas non plus oublier qu’une grande partie de ces étudiants sont parisiens d’origine, et que la majorité du recrutement se fait toujours, dans les filières classiques, par zones géographiques, malgré quelques quotas. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les lycées parisiens sont de véritables usines à mention : 75,66% des élèves de terminale y ont obtenu leur bac avec mention, 22,05% avec la mention très bien, contre respectivement 41% et 13% de moyenne nationale.

Les universités tentent de demeurer ouvertes, notamment en introduisant des quotas de boursiers, qui représentent jusqu’à 30 pourcent des admis chez Paris I. Mais la norme demeure l’excellence, Parcoursup permet de classer les candidats par niveau et les effets se font ressentir : les taux d’attrition entre la L1 et la L2 sont en baisse, tout comme les taux de présence aux cours magistraux.

Pour résumer, soyez sûrs d’être dans la bonne académie ou postulez dans une formation sélective à l’échelle nationale. Soignez particulièrement vos résultats de lycée, car la sélection remplace, dans les filières en tension, le tirage au sort. Et enfin, armez vous de courage. Puisse l’algorithme vous être favorable.